Kotlin in action

#Mes impressions sur le Kotlin suite au Mix-IT 2016

JetBrains, pour les développeurs Java enfermés dans une grotte et ne connaissant qu’Eclipse, outre le fait de fournir une suite d’outils pour le développement et un IDE Java (IntelliJ), s’est lancé en 2011 dans la création d’un nouveau langage de programmation. Plein de promesses, ce langage, le Kotlin, présenté par Hadi Harriri lors du Mix-it 2016, m’a fait forte impression.

Du jeudi 21 au vendredi 22 avril 2016 se tenait à Lyon la sixième édition du Mix-IT. Rassemblant plus de 600 participants, cette convention aux allures de grande fête pour développeurs et agilistes permettaient de suivre talks, ateliers, conférences mais également d’échanger autour d’une délicieuse crêpe suzette avec des passionnés venus du monde entier.

En attendant l’article de retour sur le Mix-IT, revenons-en au sujet principal de cet article, le Kotlin. Ne connaissant alors ce langage que de nom, j’étais très intrigué par la présentation de Mr Hadi Harriri nommée “Kotlin : ready for production”. Après une présentation assez sommaire de l’historique du langage et de l’objectif du projet de Jetbrains, on comprend assez rapidement qu’en introduisant le Kotlin, la firme internationale tente de répondre aux besoins des développeurs Java en rassemblant dans un langage le meilleur du Scala, des avantages du C#, et une concision poussée à l’extrême. C’est à se demander si la firme perd espoir en Oracle pour sortir de nouvelles versions de Java plus ambitieuses.

#La concision ok

Comme je le dis plus haut, la concision était une volonté et un objectif très clair de Jetbrains pour la création du langage Kotlin. Il est vrai qu’en Java, on peut très facilement se retrouver à avoir du Boilerplate un peu partout. On pense aux getter/setter, très verbeux pour finalement une fonctionnalité qu’on peut résumer habilement. Évidemment, des plugins comme Lombok permettent par annotation de réduire tous ce volume de code.

Afin de vous montrer un exemple de concision, voici une comparaison entre un objet très simple en Java et l’exact équivalent en Kotlin.

Version Java :

public class Person implements Cloneable{

  private String name;

  private Integer id;

  public Person(String name,Integer id){
    this.name = name;
    this.id = id;
  }

  public String getName(){
    return name;
  }

  public void setName(String name){
    this.name = name;
  }

  public Integer getId(){
    return id;
  }

  public void setId(Integer id){
    this.id = id;
  }
  @Override
  public boolean equals(Object obj) {
    if (obj == this) {
      return true;
    }
    if (obj == null || obj.getClass() != this.getClass()) {
      return false;
    }
    Person guest = (Person) obj;
    return id == guest.id && (name == guest.getName || (name != null && name.equals(guest.getName()))));
  }

  @Override
  public int hashCode() {
    final int prime = 31;
    int result = 1;
    result = prime * result + ((name == null) ? 0 : name.hashCode());
    result = prime * result + id;
    return result;
  }

  @Override
  public String toString(){
    return"Person(name="+name+",id="+id")";
  }

  @Override
  public Object clone(){
     Person person = null;
	    try {
	      	person = (Person) super.clone();
	    } catch(CloneNotSupportedException cnse) {
	      	cnse.printStackTrace(System.err);
	    }
	    person.name = (String) name.clone();
	    person.id = (Integer) id.clone();
	    return person;
  }
}

Version Kotlin :

dat class User(val name: String, val id: Int)

Les fonctions venant de Object (toString,equals,..) sont apportées par le mot clef “data” devant “class” dans le fichier Kotlin.

#Des fonctionnalités intéressantes

Lors de la conférence du Mix-IT, j’ai pu repérer quelques fonctionnalités qui me semblent réellement intéressantes à vous partager dans cet article. Cette liste n’est pas exhaustive, mais devrait vous donnez un aperçu des possibilités.

#Classes

Pour déclarer une classe en Kotlin, on peut se débarrasser des getter/setter, on peut définir un constructeur principal. En outre, on peut même définir la mutabilité des attributs de la classe grâce aux mots clés var (mutable) et val (read-only).

class Person(val firstName: String, val lastName: String, var age: Int) {
  // ...
}

#Déclarations de fonction sans accolades (inline)

On peut déclarer des fonctions sans accolades, c’est assez compacte. On perd un peu en lisibilité mais on gagne en espace.

(fun add(i: Int, j:Int) = i + j)

#Des conditions plus simples

Adieu le switch au profit du when avec des “arrow operators”.

when (x) {
  1 -> print("x == 1")
  2 -> print("x == 2")
  else -> { // Note the block
    print("x is neither 1 nor 2")
  }
}

Pour les boucles rien de spécial à noter de particulier mais c’est sur l’opération “if” qu’on peut observer un ajout très pratique.

val max = if (a > b) {
    print("Choose a")
    a
  } else {
    print("Choose b")
    b
  }

La dernière expression du block if est la valeur du block. On évite donc l’initialisation de variables en dehors du bloc et évite sa modification dans chacune des branches. On peut remarquer que l’opérateur de fin d’instruction ‘;’ disparaît (en réalité il est optionnel)

#Adieu les “NullPointerException”

Kotlin a été pensé pour éviter les danger des références null et faire disparaître les NullPointerException et les “null-check”.

var a: String = "abc"
a = null // compilation error
To allow nulls, we can declare a variable as nullable string, written String?:

var b: String? = "abc"
b = null // ok

b?.length

On ne peut pas affecter à une variable la valeur null si on n’a pas délibérément défini cette variable comme nullable. Le Kotlin introduit également le “call safe operator” qui permet de tester la nullité d’une variable avant l’appel d’un fonction sur cette variable.

#Des fonctions “Callable”

En Kotlin, une fonction peut être déclarée en dehors d’un objet. Cela peut paraître étrange vis à vis du Java mais cette fonctionnalité peut être très pratique, en particulier pour déclarer la fonction main de son projet.

Une fonction déclarée en dehors d’un objet peut être appelé de n’importe quel endroit de cette façon :

fun hello(){
  print("hello")
}


fun main(){
  ::hello()
}

#La programmation fonctionnelle pour les gouverner tous

Le paradigme fonctionnelle est bien sûr présent dans le langage. Il permet de réaliser toutes les opérations usuelles (map, reduce, forEach,etc,..)

var sum = 0
ints.filter { it > 0 }.forEach {
  sum += it
}
print(sum)

#Les “Extension Functions”

En Kotlin on peut “étendre” une classe par une fonction de manière assez simple. On peut donc facilement rajouter des méthodes sans passer par un héritage.

fun MutableList<Int>.swap(index1: Int, index2: Int) {
  val tmp = this[index1] // 'this' corresponds to the list
  this[index1] = this[index2]
  this[index2] = tmp
}

Ici le mot-clé “this” permet d’accéder à l’objet étendu.

#L’interopérabilité

La question soulevée par ce nouveau langage vient assez rapidement. Peut-on facilement passer de Java à Kotlin? Est-ce que notre code Kotlin va fonctionner avec tous le code Java que l’on a déjà? Est-ce que nos outils actuels sont adaptés au développement Kotlin?

#Les IDE

Bien évidemment, JetBrains met ses produits en avant pour l’utilisation du Kotlin. On peut en effet utiliser leur célèbre IDE Intellij pour développer dans ce langage. Cerise sur la gâteau, on peut même utiliser la version Community gratuite pour se faire une idée. Il existe également un plugin pour Eclipse. Par contre, aucun projet de plugin n’est en cours pour NetBeans.

#Java

Kotlin permet également une compatibilité avec toutes les librairies Java, c’est sûrement l’argument le plus fort et évidemment mis en avant par JetBrains. Le code créé peut donc fonctionner sur une JVM de la version 6 à 8.

On peut donc profiter de tous les avantages du langage Kotlin tout en restant 10 ans en arrière coté virtual machine. Enfin, aucune modification n’est nécessaire pour faire intéragir du code Java avec du Kotlin. De plus, l’appel de méthode Java est complètement transparent pour le Kotlin.

#Javascript

Et oui, JetBrains n’a pas voulu ignorer le mouvement récent du développement Javascript. On peut donc cibler le langage Javascript au build afin de faire tourner son application Kotlin sur un environnement NodeJS ou bien dans un navigateur.Cette fonctionnalité est donc à tester. On tient peut-être ici une alternative au TypeScript ?… mais ça reste à mes yeux gadget.

#Android

N’ayant fait que quelques Lab Android, je n’ai pas forcément une vision complète de l’environnement, mais je me souviens avoir été gêné par le nombre de ligne de code Java nécessaire pour obtenir une si simple application mobile.

Il se trouve que l’on peut dès aujourd’hui développer des applications mobiles Android depuis l’IDE recommandé par Google (i.e: Android Studio) en Kotlin, à tester pour les amateurs.

#Spring Boot

Enfin, on peut voir que le Kotlin intéresse les committers du projet Spring, notamment le lyonnais Sébastien Deleuze avec cet article intitulé Developing Spring Boot applications with Kotlin. Voir autant d’effervescence autour de ce langage rassure un peu, et personnellement je pense tenter l’utilisation du Kotlin dans le contexte Spring Boot pour me faire une idée plus objective sur le sujet.

D’ailleurs, le Spring Initializr intègre depuis quelques temps l’option de génération de projet Spring Boot en Kotlin.

N’hésitez pas à aller tester ce langage sur le site et vous faire votre propre avis sur ce langage. Quand à moi, je vais rapidement l’essayer pour un de mes projets.

D’autres ressources sont disponibles sur le Github d’Hadi Hariri pourraient vous intéresser


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